You are currently viewing Régime animal based : bienfaits, risques et menu type

Imaginez un frigo rempli presque uniquement d’aliments d’origine animale. Œufs frais, viande rouge, sardines, yaourt au lait cru fait maison, et quelques fruits rouges…

Bienvenue dans le régime Animal Based, un mode de vie qui séduit de plus en plus le monde du fitness. Dans mon article, on va parler des promesses de ce régime mais aussi de ses risques. Il y aura un menu type, et ce que la science en pense.

Avant de continuer, recevez gratuitement mon guide PDF “Démarrer le régime Animal Based” avec menus, idées d’assiettes et liste de courses en cliquant ici. 

Ce type de régime contient peu de légumes, beaucoup de viande rouges et de produits animaux, des graisses saturées et du sel… Dit comme ça, on dirait un raccourci pour le cancer du colon et la crise cardiaque, pourtant, beaucoup ce sont mis à manger de la sorte.

Cet article offre un regard objectif sur les pour et les contre. Si vous souhaitez connaître mon avis personnel, vous le trouverez dans cette vidéo. 

 

Pourquoi le régime Animal Based séduit tant dans le fitness

Le régime Animal Based a émergé après la vague paleo et keto mais aussi en réponse au régime plant based. Dans certaines vidéos virales, on voit souvent un homme ou une femme assis à une table, une côte de bœuf saignante avec du sel et un discours qui évoque un retour aux sources.

Les promesses du régime Animal Based

  • Augmenter la vitalité et l’énergie.
  • Réduire l’inflammation et les douleurs.
  • Améliorer la composition corporelle.
  • Stabiliser la glycémie et réduire les fringales.
  • Optimiser les hormones grâce aux graisses animales.

Ces allégations ne sont pas toujours validées scientifiquement, mais par une partie de ceux qui le pratiquent.

 

Les différences entre animal based et carnivore

La différence entre la diète carnivore et l’Animal Based est simple : la première ne laisse aucune place aux végétaux, c’est 100 % animal, de la viande aux œufs en passant par le poisson et, pour certains, les produits laitiers.

L’Animal Based garde la même base animale mais ouvre la porte à quelques végétaux « sûrs » : fruits mûrs, miel, avocat, patate douce, courge… Des aliments choisis pour être digestes et apporter un peu de glucides, sans les fibres ou composés que ses adeptes jugent irritants.

En clair, la carnivore est une version stricte, l’Animal Based est plus souple et donc souvent plus simple à suivre sur le long terme.

 

Les avantages du régime Animal Based

Haute densité nutritionnelle
La viande, les abats et les œufs contiennent quasiment tous les acides aminés, vitamines et minéraux nécessaires à l’humain, souvent sous une forme très bien assimilée. Le fer héminique, la vitamine B12, le zinc, la vitamine A préformée (rétinol), ou encore la vitamine K2 sont directement utilisables par l’organisme.

Satiété élevée
Un repas riche en protéines et graisses animales cale pour plusieurs heures, ce qui peut aider à réduire le grignotage.

Glucose stable
Avec peu de glucides, les pics et chutes de glycémie sont plus rares, ce qui peut réduire les coups de fatigue.

Simplicité
Moins de choix, moins de recettes compliquées. On cuit, on assaisonne, on mange.

Les inconvénients du régime Animal Based

Pauvre en fibres
Sans légumes ni céréales, on risque une constipation chez certaines personnes. Même si certains affirment que le transit finit par s’adapter, tout le monde ne le vit pas bien.

Coût élevé
Viande de qualité, poissons sauvages, beurre cru, fromages fermiers… la facture grimpe vite , tout le monde n’a pas le budget pour manger de la sorte.

Monotonie alimentaire
Le goût peut devenir lassant. Certains finissent par décrocher par manque de variété.

Risque d’excès en graisses saturées
Selon le profil de santé et la génétique, un apport élevé en graisses saturées peut influencer le cholestérol LDL.

Manque d’antioxydants végétaux
Les polyphénols, flavonoïdes et autres composés protecteurs présents dans les plantes sont largement réduits.

Je ne parlerais pas de la cause animale ou écologique car ça n’est pas le sujet de l’article, mais c’est à prendre en considération.

Sélection de viandes et poissons crus pour un menu Animal Based équilibré

Envie de passer à la pratique ?

J’ai préparé pour vous un guide PDF gratuit et exclusif pour bien démarrer le régime Animal Based à 70 %, avec 10 idées d’assiettes prêtes à l’emploi, des menus complets, la liste des aliments les plus riches en nutriments et une liste de courses d’une semaine. Cliquez ici pour le recevoir

 

Où trouver les vitamines et minéraux dans les produits animaux

On entend souvent dire que seuls les végétaux apportent des vitamines et minéraux essentiels. Pourtant, dans un régime centré sur les produits animaux, il est tout à fait possible de couvrir ses besoins, à condition de savoir où chercher.

Les aliments d’origine animale concentrent certains nutriments sous des formes hautement biodisponibles, c’est-à-dire directement utilisables par l’organisme, sans étapes de conversion compliquées.

Encore faut-il varier les sources et ne pas se limiter aux morceaux « nobles » : ce sont souvent les abats, les poissons gras ou les produits laitiers entiers qui font toute la différence.

Ou trouver des micro nutriments dans le régime animal based :

  • Vitamine A : foie de bœuf ou de volaille.
  • Vitamine D : poissons gras (saumon, sardine, maquereau), foie de morue.
  • Vitamine E : jaune d’œuf, beurre cru.
  • Vitamine K2 : fromages affinés, beurre cru, foie.
  • B12 : toutes les viandes, poissons, crustacés.
  • Fer héminique : bœuf, agneau, gibier.
  • Zinc : huîtres, bœuf, porc.
  • Sélénium : œufs, poissons, viande.
  • Oméga-3 : sardines, maquereau, saumon sauvage.

La clé, pour ne pas être carencé, c’est d’inclure les abats (foie, cœur, rognons) et une bonne variété de sources animales.

Néanmoins, attention à ne pas consommer trop de produits marins, car la présence de métaux lourd et plastiques est un réel problème. Pour limiter les métaux lourds et les plastiques, l’ANSES conseille de manger du poisson deux fois par semaine maximum, en variant les espèces et les origines. Une portion peut être un poisson gras riche en oméga-3 comme la sardine ou le maquereau.

 

Et le transit intestinal ?

Les partisans du régime Animal Based assurent souvent que, après une courte phase d’adaptation, le transit devient régulier, même sans fibres végétales. En pratique, deux scénarios se dessinent :

  1. Transit stable : les selles sont moins volumineuses, mais régulières, sans inconfort.
  2. Transit perturbé : constipation ou selles trop dures, surtout si l’hydratation est insuffisante ou si l’on ne mange pas assez de graisses.

Pour certains, réintroduire un peu de fruits faciles à digérer (banane mûre, myrtilles) ou un peu de miel aide à réguler le transit.

 

Les végétaux autorisés dans la diète Animal Based

Dans l’approche Animal Based, on ne supprime pas forcément tous les végétaux : on conserve ceux considérés comme peu irritants, faciles à digérer et riches en micronutriments.

Fruits souvent inclus (mûrs, bien tolérés) :

  • Bananes bien mûres
  • Mangue
  • Papaye
  • Melon
  • Pastèque
  • Ananas
  • Myrtilles
  • Fraises
  • Miel cru

Légumes racines ou tubercules doux (bien cuits, en petites quantités) :

  • Patate douce
  • Courge butternut
  • Potimarron
  • Carotte cuite

Autres :

  • Avocat (riche en graisses monoinsaturées et fibres douces)
  • Herbes fraîches douces (persil, basilic) pour assaisonner

Ces végétaux sont choisis pour leur faible teneur en antinutriments (lectines, oxalates) et leur bonne digestibilité.

La place du sel dans le régime Animal Based

Dans une alimentation moderne, la majorité du sel que nous consommons vient des aliments transformés. Ainsi, quand on les retire complètement, comme c’est le cas dans le régime Animal Based, on supprime aussi la principale source de sodium. Résultat : le corps peut se retrouver en déséquilibre, surtout si l’on s’entraîne régulièrement ou que l’on transpire beaucoup.

Or, le sodium n’est pas seulement une question de goût. Il joue un rôle essentiel dans l’équilibre hydrique, la transmission nerveuse et la contraction musculaire. Sans lui, la fatigue s’installe plus vite, les maux de tête apparaissent et les performances à l’entraînement chutent. De plus, dans une alimentation riche en protéines animales, il aide aussi à stimuler la production d’acide chlorhydrique, ce qui facilite la digestion des viandes et abats.

C’est pourquoi, dans l’approche Animal Based, le sel est vu comme un allié plutôt qu’un ennemi. On privilégie les sels naturels non raffinés, riches en oligo-éléments, comme le sel de mer ou le sel rose de l’Himalaya.

En pratique, la quantité dépend du climat, du niveau d’activité et de la transpiration, mais l’idée reste la même : saler ses repas de manière régulière plutôt que de laisser le corps s’épuiser par manque de sodium.

Néanmoins, il ne faut pas croire que le sel est à volonté : les recommandations restent les mêmes que pour tous les régimes, sauf cas particulier. L’ANSES recommande de ne pas dépasser 2 300 mg de sodium par jour, ce qui équivaut à environ 4 à 6 g de sel

Brochettes de viande grillée avec herbes et citron pour un repas Animal Based

Plan de transition vers le régime Animal Based

Passer du jour au lendemain à un régime Animal Based strict peut être un choc pour le corps et pour l’organisation en cuisine. Mieux vaut y aller étape par étape.

La première phase consiste à éliminer les aliments ultra-transformés, les huiles végétales industrielles et les sucres raffinés. Ensuite, on peut réduire progressivement les féculents et légumes les plus irritants (légumineuses, céréales complètes, choux crus…), tout en augmentant la part de produits animaux de qualité.

La deuxième phase consiste à introduire les végétaux “autorisés” de l’Animal Based : fruits mûrs, miel, patate douce, courge, avocat… Cela permet au corps et au microbiote de s’adapter à un apport plus faible en fibres, tout en conservant un minimum de diversité alimentaire.

Enfin, une fois habitué, on ajuste selon la tolérance et les objectifs : certains iront vers une version plus riche en viande et abats, d’autres garderont plus de fruits et de tubercules. Dans tous les cas, un bilan sanguin avant de commencer et un autre après 6 à 12 semaines permet de vérifier que les marqueurs clés (lipides, glycémie, inflammation) restent dans la zone de confort.

Les macros du régime Animal based

Pour donner une idée concrète, voici la répartition moyenne observée dans une version classique du régime Animal Based, adaptée à une personne active :

  • Protéines : 25 à 30 % des calories (principalement viande, poisson, œufs, produits laitiers entiers)
  • Lipides : 55 à 65 % des calories (graisses animales, un peu d’avocat ou de noix de coco)
  • Glucides : 10 à 15 % des calories (fruits mûrs, miel, patate douce, courge)

Sur une base de 2 200 kcal, cela donne environ :

  • 140 à 160 g de protéines
  • 130 à 160 g de lipides
  • 60 à 80 g de glucides

Apport moyen en micronutriments (si variété suffisante) :

  • Très bon apport en vitamines A, B12, D, K2, zinc, sélénium, fer héminique, oméga-3 EPA/DHA.
  • Apport faible en vitamine C (sauf si fruits quotidiens), vitamine K1, magnésium et certains polyphénols.

Ces chiffres varient selon la proportion de viande rouge, poisson gras, abats et fruits consommés, mais ils montrent bien la logique : beaucoup de protéines et graisses de qualité, un peu de glucides faciles à digérer, et une densité nutritionnelle élevée… à condition de varier les sources animales.

Menu type Animal Based

Petit-déjeuner

  • 3 œufs brouillés 
  • Viande froide ou séchée
  • 1/2 avocat
  • 1 poignée de myrtilles fraîches
  • Café ou thé sans sucre

Déjeuner

  • Côte de bœuf grillée
  • 80 g de foie de veau poêlé
  • Purée de patate douce 
  • Mangue bien mûre en dessert

Collation (facultative)

  • Yaourt maison riche en probiotiques
  • Miel cru
  • Quelques fraises

Dîner

  • Filet de saumon sauvage à la poêle
  • Purée de courge butternut 

 

Ce que dit la science… et ce qu’elle ne dit pas sur le régime Animal Based

Aujourd’hui, il n’existe aucune grande étude à long terme prouvant que le régime Animal Based est supérieur aux autres en termes de longévité ou de prévention des maladies chroniques.

En revanche, la science reconnaît :

  • L’excellente biodisponibilité des nutriments d’origine animale.
  • Le rôle clé des protéines complètes dans le maintien de la masse musculaire.
  • L’efficacité d’une réduction des sucres raffinés et des aliments ultra-transformés.

Mais elle ne peut pas encore confirmer :

  • Que réduire drastiquement les végétaux améliore la santé chez tout le monde.
  • Que manger beaucoup de graisses animales est sûr à long terme pour tous les profils.

 

Aspects économiques et pratiques du régime Animal Based

Un des points qui revient souvent quand on parle du régime Animal Based, c’est son coût. On ne va pas se mentir : remplir son frigo de viande rouge de qualité, de poissons sauvages, de beurre cru et de fromages fermiers, ce n’est pas le même budget que des pâtes et du riz achetés en gros. En moyenne, pour quelqu’un qui suit strictement cette approche, l’addition hebdomadaire peut facilement grimper entre 120 € et 200 € par personne, selon la qualité des produits et la fréquence des repas à base de viande noble.

L’approvisionnement est aussi une question importante. On ne trouve pas toujours du bœuf nourri à l’herbe ou des poissons issus de pêches responsables au supermarché du coin. Cela implique souvent de passer par des boucheries spécialisées, des marchés, des producteurs locaux, ou même des commandes en ligne de viande directement à la ferme.

Pour limiter les frais, certains adaptent :

  • Miser sur des morceaux moins chers mais nutritifs (jarret, collier, joue, bas morceaux à mijoter).
  • Utiliser les abats, qui coûtent souvent bien moins cher que le filet et sont très riches en nutriments.
  • Acheter en gros et congeler.
  • Alterner viande rouge et volailles élevées en plein air, ou œufs fermiers.

En pratique, le régime Animal Based peut être adapté à différents budgets, mais il demande plus de réflexion et d’organisation qu’une alimentation classique. Le vrai défi n’est pas seulement financier, c’est aussi de trouver des produits qui respectent les critères de qualité recherchés, sans y laisser tout son salaire.

À voir sur le sujet : Manger sainement sans se ruiner

Les effets de la viande grass-fed ( nourrie à l’herbe) et la santé humaine

  1. Effets anti-inflammatoires 
    Plusieurs études (certaine avec un conflit d’intérêt) rapportent que la viande et les produits laitiers issus d’animaux pâturant sur des prairies diversifiées contiennent plus de phytonutriments (polyphénols, caroténoïdes, α-tocophérol), associés à des effets anti-inflammatoires et une meilleure tolérance cardiovasculaire, bien que les liens directs avec la santé humaine restent à confirmer. 

  2. Profil des acides gras et lipides bénéfiques 
    Une étude randomisée en double aveugle a montré que le bœuf grass‑fed entraîne une réponse métabolique postprandiale différente : des métabolites favorables (acides gras oméga‑3, dérivés du carnitine, acides aminés) liés à la santé cardiovasculaire et au stress oxydatif ont été identifiés, suggérant un potentiel bénéfice métabolique immédiat.

  3. Acides gras essentiels dans le régime britannique 
    Une revue indique que le bœuf issu d’animaux pâturés, qu’il soit biologique ou non, apporte davantage d’acides gras bénéfiques pour la santé humaine — notamment oméga‑3, ALA, EPA, DHA — par rapport à la viande de bœuf traditionnelle.

  4. Antioxydants dans la viande grass‑fed 
    Des analyses de viande de bœuf grass‑fed montrent des niveaux nettement plus élevés d’antioxydants comme la vitamine E (α‑tocophérol, jusqu’à ×3) et β-carotène (×1,5 à ×10) comparés à la viande de bœuf nourri au grain, ce qui suggère une valeur nutritionnelle supérieure.

 

L’industrie agroalimentaire et la recherche : un mariage compliqué

La nutrition est un champ où la vérité est souvent noyée dans un brouillard d’intérêts financiers. Les grandes études sont chères, et beaucoup sont financées par des acteurs ayant un intérêt direct :

  • L’industrie laitière finance des recherches montrant les bienfaits du lait.
  • Les filières céréalières promeuvent les effets protecteurs des fibres.
  • Les associations de viande financent des études sur la satiété des protéines animales.

Cela ne signifie pas que toutes ces recherches sont fausses. Mais leur conception, leurs méthodes et leur interprétation peuvent être biaisées. Les études sur la nutrition reposent souvent sur des questionnaires déclaratifs, donc imprécis, et sur des périodes relativement courtes par rapport à la durée de la vie humaine.

Impact du régime Animal Based sur le microbiote

Quand on parle du microbiote intestinal, les fibres reviennent toujours dans la discussion. Ce sont elles qui nourrissent une partie des bactéries bénéfiques présentes dans l’intestin. Le régime Animal Based, en réduisant fortement ou en supprimant les légumes, les céréales et les légumineuses, entraîne mécaniquement une baisse importante de l’apport en fibres.

La science a déjà observé que, lorsqu’on coupe brutalement ces fibres, la diversité bactérienne peut diminuer. Certaines familles de bactéries, spécialisées dans la fermentation des fibres, voient leur population se réduire. En parallèle, d’autres bactéries, capables de tirer leur énergie des protéines et graisses animales, prennent plus de place. Cela ne veut pas dire automatiquement “moins bon”, mais cela représente un changement de profil, dont on ne connaît pas encore les effets à long terme.

Certains adeptes de l’Animal Based affirment que ce n’est pas un problème si l’on garde des fruits et tubercules digestes dans son alimentation, car cela apporte quand même une source de fibres douces. Mais dans une version très stricte, l’impact sur le microbiote reste une zone d’ombre.

Comment savoir si l’on tolère bien les graisses saturées

Face à un régime comme l’Animal Based, riche en produits animaux, une question revient souvent : est-ce que tout le monde encaisse bien les graisses saturées ? La réponse est non.

Allez consulter votre médecin si vous avez un doute.

Certains profils les métabolisent sans problème, tandis que d’autres voient rapidement leurs marqueurs de santé se dégrader. La différence ne se devine pas à l’œil nu ; elle se mesure.

Pour commencer, le premier indicateur, c’est le profil lipidique sanguin. Un bilan simple permet de connaître son taux de LDL-cholestérol, celui qui, lorsqu’il est trop élevé, peut contribuer à l’athérosclérose, ainsi que le HDL, souvent appelé « bon cholestérol », et les triglycérides. Des valeurs stables ou améliorées après l’augmentation des graisses saturées sont plutôt rassurantes,  l’inverse doit alerter. De plus, un marqueur encore plus précis, l’ApoB, donne une image plus fiable du risque cardiovasculaire que le seul LDL.

À cela s’ajoute le contexte personnel. Des antécédents familiaux d’infarctus ou d’AVC précoces, une hypertension, un diabète ou une résistance à l’insuline peuvent rendre l’organisme plus vulnérable à un excès de graisses saturées. Dans ces cas, la prudence est de mise, même si les bilans sanguins semblent corrects à court terme.

En complément, les tests génétiques ne sont pas indispensables mais peuvent éclairer certaines différences de tolérance. Par exemple, les porteurs du gène APOE4 ont tendance à voir leur cholestérol grimper plus vite lorsque l’apport en graisses saturées augmente.

Enfin, il ne faut pas oublier les marqueurs d’inflammation, comme la CRP ultra-sensible. Un organisme déjà en état inflammatoire chronique réagira souvent moins bien à un excès de graisses saturées, surtout si celui-ci s’accompagne d’une mauvaise régulation de la glycémie.

En pratique, la seule façon fiable de savoir si l’on tolère bien ce type d’alimentation est de mesurer avant et après. Un bilan complet avant d’augmenter les graisses saturées, puis le même bilan 6 à 12 semaines plus tard, permet d’ajuster le tir. Les chiffres ne mentent pas ; ils sont la meilleure boussole pour éviter de se mettre en danger tout en profitant des bénéfices potentiels du régime.

À voir aussi : LIPIDOPHOBIE : le réel danger des graisses alimentaires

Comment cuire sa viande dans une approche Animal Based

Si vous partez sur un régime Animal Based, sachez que la manière dont vous cuisez la viande compte presque autant que le choix de la viande elle-même. Ce n’est pas juste une question de goût, mais aussi de respect du produit, de préservation des nutriments et de limitation des composés indésirables.

Viande rouge grillée au barbecue dans le cadre d’un régime Animal Based riche en protéines

Dans cette approche, on privilégie la cuisson douce ou maîtrisée. Pourquoi ? Parce qu’une chaleur trop forte brûle la surface, détruit certaines vitamines et peut produire des composés nocifs. Saisir légèrement pour donner du goût, oui. Carboniser, non.

La viande rouge, quand elle reste rosée ou saignante, garde plus de fer, de zinc et de vitamines B. Pour le poulet ou le porc, on cuit à cœur pour éviter tout risque sanitaire, mais on évite de transformer la chair en semelle.

Varier les méthodes de cuisson : mijotage, four basse température, poêle à feu moyen, cuisson sous vide.

Pourquoi il n’y a que très peu de graisses végétales dans le régime Animal Based

Dans un régime Animal Based, les graisses viennent presque exclusivement des produits animaux : beurre, crème, gras de viande, poisson gras, œufs… Les graisses végétales y sont rares, et ce n’est pas un hasard. Les adeptes de cette approche considèrent que les huiles issues des graines, comme l’huile de tournesol, de soja, de colza ou de maïs — sont trop riches en oméga-6 polyinsaturés. En excès, ces derniers peuvent déséquilibrer le rapport oméga-3/oméga-6 et, selon certains, entretenir un terrain inflammatoire.

Cette philosophie privilégie donc les graisses saturées et mono-insaturées d’origine animale, jugées plus stables à la cuisson et plus proches de celles consommées par les populations traditionnelles avant l’industrialisation de l’alimentation. Les seules graisses végétales généralement acceptées sont celles issues de fruits entiers, comme l’avocat ou la noix de coco, utilisées avec parcimonie.

Le but n’est pas seulement de « coller à la nature » ou de reproduire l’alimentation supposée des ancêtres, mais aussi de limiter l’exposition aux huiles raffinées apparues récemment dans l’histoire humaine. Dans l’esprit Animal Based, ce sont ces graisses modernes qui poseraient problème, bien plus que celles contenues dans un morceau de viande bien gras.

Pourquoi la médecine conventionnelle reste prudente ?

La majorité des médecins se basent sur les recommandations officielles qui préconisent un apport élevé en fruits, légumes et fibres pour la prévention des maladies cardiovasculaires, du diabète et de certains cancers. Le régime Animal Based, en réduisant fortement ces apports, s’écarte de ces lignes directrices. À cela s’ajoute un manque d’études solides et de long terme : on ne sait pas encore si ce mode alimentaire est sûr et bénéfique sur plusieurs décennies.

Qui devrait éviter le régime Animal Based ?

Ce régime n’est pas recommandé aux personnes avec des antécédents familiaux d’infarctus ou d’AVC précoces, un cholestérol LDL ou une ApoB déjà élevés, une hypertension non contrôlée, un diabète mal équilibré, une insuffisance rénale, des troubles digestifs aggravés par un manque de fibres, ou encore aux femmes enceintes ou allaitantes sans suivi médical rapproché.

Est-ce un régime facile à suivre socialement ?

Pas toujours. Dans les repas de famille, les sorties au restaurant ou les voyages, il peut être difficile d’éviter les féculents, les huiles végétales ou les légumes non “autorisés”. Certains adaptent en gardant les grandes lignes du régime, mais en acceptant des écarts ponctuels pour préserver la vie sociale.

Que sait-on des effets à long terme ?

Pour l’instant, pas grand-chose. La science soupçonne des effets possibles sur le microbiote (moins de diversité bactérienne), la santé osseuse (manque éventuel de vitamine K1 et de certains minéraux végétaux) et l’équilibre hormonal, mais ces points ne sont pas confirmés par de grandes études.

Par où commencer pour tester sa tolérance ?

Avant de se lancer, il est conseillé de faire un bilan sanguin complet (lipides, ApoB, glycémie, CRP). Commencez avec une version souple incluant quelques fruits et tubercules faciles à digérer. Surveillez vos marqueurs au bout de 6 à 12 semaines, puis ajustez. Ce suivi est la meilleure façon de profiter des bénéfices du régime tout en limitant les risques.

Pourquoi le régime Animal Based séduit aussi le monde psychiatrique

À première vue, l’Animal Based vise surtout sportifs et adeptes de nutrition « ancestrale ». Pourtant, il attire aussi l’attention de certains psychiatres, intrigués par son impact potentiel sur le cerveau.

Riche en B12, fer héminique, zinc, choline et oméga-3, il fournit des nutriments clés pour fabriquer les neurotransmetteurs, stabiliser l’humeur et protéger les cellules nerveuses. Associé à une réduction des sucres rapides et des aliments ultra-transformés, il peut, chez certains patients, coïncider avec une meilleure concentration, une humeur plus stable et moins d’anxiété.

Ce qui séduit les praticiens c’est la simplicité, faible variabilité alimentaire, glycémie plus stable et moins d’additifs susceptibles d’altérer le microbiote ou le métabolisme cérébral. Rien n’est prouvé à long terme, mais pour explorer le lien alimentation-santé mentale, ce cadre clair est un point de départ.

Une enquête en ligne auprès de 2 029 personnes suivant un régime carnivore pendant au moins six mois rapporte que 95 % d’entre elles déclarent une amélioration de l’humeur et de la clarté mentale — un chiffre à prendre avec prudence car il repose sur des témoignages auto-sélectionnés. Une revue scientifique portant sur près de 89 000 participants note que, dans quelques études, les consommateurs réguliers de viande présentent un meilleur bien-être psychologique que les abstinents, mais les résultats sont variables. Enfin, une étude clinique sur 28 patients hospitalisés pour troubles mentaux graves, soumis à un régime cétogène (proche de l’Animal Based), a observé une amélioration des symptômes dès deux semaines, avec 43 % en rémission et 64 % ayant réduit leur traitement.

En résumé, il existe des signaux encourageants, mais trop peu de données solides pour en faire une recommandation médicale généralisée. C’est un terrain d’expérimentation encore jeune, à suivre avec intérêt.

À voir aussi : Comment équilibrer les glucides pour la santé mentale sans sacrifier la perte de poids

Conclusion sur le régime Animal Based

En voulant tout simplifier, nous avons fini par mettre sur le même plan la viande transformée et celle de bonne qualité, de la même manière que les produits enrichis en sel, sucre et graisses, et ceux qui ne le sont pas.

Or, à chaque fois qu’un nouveau régime pointe le bout de son nez, il faut noter qu’il partage un point commun avec les précédents : l’absence quasi systématique de produits transformés, une quantité modeste de glucides et un apport suffisant en protéines. Ainsi, le régime Animal Based suit exactement ce schéma.

On a l’impression qu’il est révolutionnaire, pourtant, si vous aviez été connecté sur la nutrition au début des années 2000, vous auriez constaté que l’on disait déjà la même chose de la diète paléo (qui lui ressemble beaucoup, à l’exception notable des produits laitiers).

Le régime Animal Based attire par sa simplicité et les résultats rapides qu’il peut offrir. Cependant, il doit être pratiqué avec discernement. Manger de la viande de qualité tout en conservant des végétaux digestes peut tout aussi bien fonctionner.

En réalité, à travers l’histoire, chaque population a survécu avec l’alimentation qu’elle avait à sa disposition. C’est pourquoi la clé reste de s’éloigner des aliments transformés, car même avec peu de recul, on dispose déjà de nombreux retours négatifs à leur sujet.

En conclusion, avant de passer à une diète Animal Based stricte, il est préférable de commencer par réduire l’ensemble des glucides et supprimer les aliments transformés, puis avancer par paliers. À voir : Low carb : Révolution ou arnaque ? Ce que dit la science

Bonne fin de journée,

Théo @fitnessmith 

ps : Si  vous souhaitez avoir mon avis personnel sur la question, je vous recommande de regarder cette vidéo.

Liens de la vidéo : 

 

Sources :

  1. Van Vliet, S., Provenza, F. D., & Kronberg, S. L. (2020). Health-promoting phytonutrients are higher in grass-fed meat and milk. Frontiers in Sustainable Food Systems, 4, 555426. https://doi.org/10.3389/fsufs.2020.555426
  2. Spears, J. K., Van Vliet, S., & Wolf, R. (2024). Grass-fed beef induces distinct postprandial metabolomic responses compared to grain-fed beef in humans. Metabolites, 14(10), 533. https://doi.org/10.3390/metabo14100533
  3. Davis, C. (2022). Contribution of beef from grass-fed and grain-fed cattle to human dietary intakes of essential fatty acids. Animals, 12(7), 846. https://doi.org/10.3390/ani12070846
  4. Krusinski, L., Van Vliet, S., & Fenton, J. I. (2022). Grass-fed beef is higher in antioxidants such as vitamin E and beta-carotene than grain-fed beef. Frontiers in Sustainable Food Systems, 6, 851494. https://doi.org/10.3389/fsufs.2022.851494
  5. López-Moreno, M., et al. (2025). Conflicts of interest in red meat and cardiovascular research: A systematic review. Food and Chemical Toxicology, 190, 114113. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/40379522/
  6. Young, H., & Kindzierski, W. (2021). Statistical reliability of nutritional epidemiology meta-analyses on red meat consumption. arXiv preprint. https://doi.org/10.48550/arXiv.2111.05337
  7. Danan A., Westman E.C., Saslow L.R., Ede G. (2022). The Ketogenic Diet for Refractory Mental Illness: A Retrospective Analysis of 31 Inpatients. Frontiers in Psychiatry, 13:1421. 
  8. Calabrese L., Frase R., Ghaloo M. et al. (2024). Complete remission of major depression and generalized anxiety disorder occurred within 7–12 weeks of therapeutic nutritional ketosis. Frontiers in Nutrition, 12:1396685. doi: 10.3389/fnut.2024.1396685 
  9. Sethi S. (2024). Ketogenic diet intervention on metabolic and psychiatric outcomes in schizophrenia and bipolar disorder. Psychiatry Research
  10. Newiss M. (2025). Case Report: Remission of schizophrenia using a carnivore ketogenic metabolic therapy with nutritional therapy practitioner support. Frontiers in Nutrition, 12:1591937. doi: 10.3389/fnut.2025.1591937
Ce que font ceux qui obtiennent des résultats
Fitnessmith avatar auteur

Fitnessmith (Théo) est un spécialiste de la musculation naturelle et de la nutrition depuis 2004. Ayant souffert d'obésité modérée dans sa jeunesse, il s'est formé pour comprendre et lutter contre son surpoids. Grâce au sport, à la nutrition et à une hygiène de vie saine, il a réussi à transformer son corps et son mode de vie. Passionné par l’optimisation physique et la performance, il a expérimenté et comparé différentes méthodes d'entraînement, notamment la force, l'hypertrophie et l'endurance musculaire, afin d’en analyser les effets sur le corps et la progression athlétique. Conscient que la transformation physique va bien au-delà de l’entraînement et de l’alimentation, il s'est également documenté sur la santé mentale, les troubles du comportement alimentaire (TCA), la dysmorphophobie, l'image de soi et les mécanismes de la motivation au changement, afin d’aider ceux qui souhaitent améliorer leur relation avec leur corps et leur bien-être global. Aujourd’hui, il partage son expertise et son expérience à travers son site , ses , ses et ses réseaux sociaux, notamment et . Auteur du livre aux éditions Eyrolles, il écrit également pour le magazine et intervient dans de nombreux sur le web. Il propose sur son site adaptés à ceux qui souhaitent perdre de la graisse et prendre du muscle, basés sur des données scientifiques et son expérience personnelle. Vous pouvez également . Avertissement : les informations fournies sur Fitnessmith.fr sont destinées à un usage informatif et ne remplacent pas les conseils d’un professionnel de santé. Fitnessmith.fr ne garantit pas l’exactitude, la fiabilité ou l’exhaustivité des contenus, et leur utilisation se fait sous votre entière responsabilité.

Cet article a 2 commentaires

  1. Patricia

    merci beaucoup pour tes informations. J’ai failli de payer un coach influenceur pour comprendre les bases de cette alimentation Je pense que ça dépend vraiment des profils. Ça fait des années que je jongle entre entre low carb, keto, carnivores etc. Je ne me sentais vraiment pas bien. Mais j’ai remarqué que je me sens beaucoup mieux quand j’augmente les lipides. Je n’arrivais jamais à manger de la viande maigre. J’ai compris qu’il ne me faut que de la viande grasse . J’ai beaucoup plus d’énergie

Laisser un commentaire