You are currently viewing Obésité génétique : pourquoi 1 personne sur 7 ne perdra jamais de poids par la volonté seule

L’obésité génétique change tout ce qu’on croyait savoir sur la perte de poids. Imaginons que la science prouve en 2026 que 15 % de la population ne peut pas maigrir sans aide médicale, alors le discours de la « volonté » tombe immédiatement. Et avec lui, des années de culpabilisation inutile. Mais la réalité est plus nuancée. Voici ce que je pense vraiment du sujet, avec mon vécu d’ancien obèse.

Aujourd’hui, aucune donnée ne prouve qu’une personne est « verrouillée » génétiquement dans l’obésité sans intervention possible. La génétique prédispose, le contexte de vie amplifie, et la volonté existe toujours, elle est juste déplacée vers d’autres choix (chirurgie, traitement, acceptation). La déresponsabilisation totale est un piège. La nuance reste la seule posture honnête.

 

La discipline n’est plus une vertu quand les dés sont pipés

On parle beaucoup de volonté. Volonté pour s’entraîner, volonté pour manger sainement, volonté pour se coucher tôt. C’est devenu une vertu cardinale du discours fitness.

Mais si on prouve qu’une partie de la population ne peut pas inverser son obésité par ses propres moyens, ce discours s’effondre. C’est exactement comme demander à une Clio de monter à du 400 km/h. Elle n’y arrivera pas.

Aujourd’hui, je n’ai pas encore vu de données prouvant qu’une personne est génétiquement verrouillée dans l’obésité. Ce qu’on observe, c’est autre chose.

 

Le contexte de vie pèse souvent plus lourd que les gènes

Prenons une personne célibataire, dans un boulot qu’elle déteste, avec un passif de souffrance sur les épaules. Ajoute à ça une « addiction » au sucre. Le moindre réconfort qu’elle trouve dans la nourriture, elle ne peut pas s’en passer. L’alimentaiton, c’est sa béquille pour affronter le quotidien.

C’est réel. Mais ce n’est pas génétiquement programmé. C’est un contexte d’ensemble qui rend la perte de poids quasi impossible sans aide extérieure.

Les nouveaux traitements GLP-1, la chirurgie bariatrique, tout ça fonctionne. D’ailleurs, la chirurgie fait encore mieux que les médicaments analogues au GLP-1 pour l’instant, même si c’est invasif et que ça crée d’autres problèmes.

Les conseils les plus violents viennent souvent de gens qui n’ont jamais eu besoin de perdre du poids. C’est comme le non-fumeur qui vient t’expliquer que t’as qu’à arrêter.

J’ai fais une vidéo pour en parler que tu peux voir en cliquant ci-dessous

 

Surpoids non pathologique : et si c’était comme avoir les yeux bleus ?

Imaginons deux scénarios. Premier cas : l’obésité est génétique ET pathologique. Comme une maladie héréditaire. Il faut agir, point.

Deuxième cas : des personnes sont génétiquement programmées pour être en surpoids, mais de manière non pathologique. Aucun marqueur inflammatoire. Aucune maladie métabolique en cours ou à venir. Ces personnes seraient simplement comme ça.

Ce serait exactement comme dire qu’un roux est malade. Une personne rousse n’est pas malade. La couleur de cheveux roux est une caractéristique. Pas une pathologie.

Si on prouvait que des centaines de milliers de personnes ont vécu toute leur vie en surpoids sans aucun marqueur négatif au niveau métabolique, alors le surpoids deviendrait une caractéristique. Comme avoir les yeux bleus ou les yeux verts.

Le regard dans la société changerait. Mais on n’en est pas là. Les recommandations médicales fixent des limites de tour de taille pour les hommes et les femmes, combinées à l’IMC. Si ces limites existent, c’est qu’il y a des seuils à risque identifiés.

 

La volonté ne disparaît pas, elle se déplace

Les gens disent souvent « ce n’est pas un problème de volonté, c’est génétique, donc opération ou médicament. » Sauf que passer sur le billard ou prendre un traitement avec des effets secondaires connus, notamment la perte de masse musculaire sans sport et diète protéique adaptée, c’est aussi de la volonté.

La volonté n’est pas absente. Elle est décalée. Au lieu d’être focalisée sur l’hygiène de vie, elle se concentre sur le passage à l’acte médical.

C’est comme un mec qui perd ses cheveux. Il peut avoir la volonté d’assumer. Ou la volonté de se faire implanter des cheveux. Dans les deux cas, il y a une décision, un passage à l’action.

Quand les gens parlent d’absence de volonté, j’ai du mal à comprendre. Il y a toujours une volonté d’agir. Une personne qui souffre et mange pour compenser a la volonté de ne pas souffrir. L’action qu’elle met en place, c’est la nourriture. Mais la volonté est là. Elle n’est juste pas guidée vers ce qui pourrait l’aider, et elle peut se faire aider par un psychologue pour cela. (recommandation de lecture sur le sujet).

 

L’acceptation génétique : soulageant mais risqué

Imagine qu’on te dise : « Chez toi, c’est génétique. T’as pas de problème. T’es comme ça. » Ce serait comme t’annoncer que tu as les yeux marron. Tu n’y peux rien. Tu n’es pas responsable.

Ce discours serait hyper soulageant pour beaucoup de personnes. Fini l’étiquette de la personne fainéante, qui manque de volonté, qui est malade. Ce truc qui fait souffrir tant de personnes obèses et en surpoids.

Moi, je l’ai vécu dans mes tripes. J’étais en obésité modérée à la fin de l’adolescence. Je me suis armé contre les remarques quand j’étais gosse. Ça m’a valu des bagarres dans la cour et des passages chez le CPE.

Aujourd’hui, je me suis entraîné jusqu’à 13 séances par semaine. J’ai passé plus des trois quarts de ma vie à faire du sport. Et pourtant, j’ai encore du mal à me dire sportif. Mon ancrage mental de l’adolescence, c’est « t’es pas sportif parce que t’es en surpoids. » Ça se fige dans l’esprit.

J’ai converti ce doute en moteur. Je préfère rester dans le rouge plutôt que de me dire que je suis arrivé en haut du podium. C’est personnel, mais je sais qu’on est beaucoup à avoir ce genre d’ancrage. Ça vient souvent de l’enfance, de l’adolescence, d’un proche qui te dit que t’es nul, moche, pas capable, etc.

Pour les plus curieux sur ma méthode j’en parle ici. 

 

Le piège de la déresponsabilisation totale

Voilà le revers de la médaille. Si on dit à une personne qu’elle n’est pas responsable de son surpoids, qu’il y a une dimension génétique, cette déresponsabilisation peut contaminer d’autres domaines si on ne fait pas attention.

Exemple de contamination de la non responsabilité : 

« Je suis anxieux de nature, donc je grignote le soir. »

« Dans ma famille on a toujours été en surpoids, je n’y peux rien. »

« Je n’ai jamais été sportif, c’est pas dans mes gènes. »

« Je suis bordélique, alors mon appartement restera toujours en bazar. »

« Je manque de volonté, donc je ne finirai jamais ce que je commence. »

« J’ai un tempérament impulsif, alors c’est normal que je parle mal aux gens. »

« Je suis dépensier avec l’argent, c’est comme ça depuis toujours. »

« Le matin je suis incapable de me lever tôt, mon horloge interne est fichue. »

« Je stresse facilement, donc je fume pour me calmer. »

« Je n’ai pas la discipline pour lire ou me former, mon cerveau n’est pas fait pour ça. »

« Je suis gourmand, alors forcément je mange trop. »

« Je suis nul en organisation, donc je rends toujours mon travail en retard. »

« Je n’ai pas le temps de cuisiner, ma vie est trop chargée. »

« Je suis comme mon père, colérique, on ne change pas un caractère. »

Ne pas se mettre de limites, ne pas se responsabiliser, laisser le hasard des émotions et des humeurs prendre le volant, c’est l’autoroute des angoisses et des crises de panique. Tu n’as plus de repère. Sur le moment, c’est agréable de ce cacher derrière une phrase toute faite. Tu profites de tout à volonté. Mais dès qu’un problème arrive, tu n’as aucun phare pour te guider.

Si c’est génétique et prouvé dans un domaine précis, d’accord. Mais ça ne veut pas dire que tout le reste échappe à ta responsabilité.

 

La vérité n’est pas corruptible

La vérité n’est pas corruptible. On ne peut pas s’arranger avec elle. Elle est là, posée. On peut la contourner, la déguiser, mais elle reste.

Ce que l’on sait aujourd’hui : le surpoids et l’obésité à terme mènent à des pathologies ou augmentent fortement ces risques. Si tu passes à travers les gouttes, tu as de la chance.

Il y a quelques années, une vague dangereuse a fait croire à des personnes en surpoids sévère et obèses qu’elles pouvaient être en bonne santé. Je ne parle pas du léger embonpoint. Je parle des tours de taille au-dessus des seuils identifiés.

  • Chez la femme, le risque est considéré comme augmenté lorsque le tour de taille dépasse 80 centimètres, et il devient très élevé au-delà de 88 centimètres.
  • Chez l’homme, le risque est augmenté à partir de 94 centimètres de tour de taille, et il est jugé très élevé lorsqu’il dépasse 102 centimètres.

On ne peut pas dire aujourd’hui que l’obésité 100 % génétique et en bonne santé existe. On peut dire qu’il y a une part génétique dans l’obésité. Mais on ne peut pas dire que c’est sain, sans nuancer. La nuance est la seule posture honnête.

Moi, j’ai pris conscience assez tôt que mon surpoids pouvait me conduire à des problèmes de santé. Ma première grosse crise de panique, je l’ai vécue en plein surpoids. J’avais un travail de jour, un travail de nuit, une relation toxique, loin de mes amis. Je me suis effondré. J’ai appris plus tard que c’était un « bug » : manque de sommeil, stress chronique, trop d’adrénaline. Mais sur le moment, j’ai associé cet effondrement à mon surpoids. Et cette association m’a servi de moteur pour m’en sortir.

 

Le binaire aide en première intention, la nuance vient après

Être tranché dans ses conseils, ça aide à donner une direction. « Si tu veux avoir plus chaud, va vivre dans le sud. » C’est binaire. Mais une fois que tu décides d’aller dans le sud, tu as plein de villes. Plus ou moins au sud. La nuance arrive après la décision.

Aujourd’hui, on ne peut pas dire que l’obésité est 100 % génétique. On ne peut pas dire non plus que c’est 100 % un manque de volonté. La réalité se situe entre les deux. Et c’est dans cet entre-deux que les vraies solutions se trouvent.

Toute personne mérite le respect, quel que soit son tour de taille. Mais le respect ne doit pas opacifier les risques pour la santé. Changer le regard sur le surpoids sans nier les risques, c’est la voie la plus honnête qu’on puisse emprunter.

 

Reprendre le contrôle

Je pars d’un problème que j’ai souvent observé : beaucoup de personnes veulent changer mais n’y arrivent pas. Elles pensent manquer de volonté, alors qu’en réalité elles manquent surtout de méthode.

Je montre comment la volonté s’épuise au fil de la journée, comment certaines situations la sabotent et pourquoi nos bonnes résolutions s’écroulent si facilement. Je propose des outils simples, issus de mon expérience et de lectures en psychologie, pour mieux gérer les tentations, organiser son environnement et reprendre le contrôle de ses habitudes.

L’idée centrale est claire : la volonté n’est pas un don magique réservé à quelques élus, c’est une compétence qui se travaille et se structure.

Tu peux retrouver la vidéo ici :  https://www.fitnessmith.fr/developper-son-pouvoir-de-volonte/

Et si tu veux de la lecture,  tu peux lire mon livre qui est disponible dans toutes les bonnes librairies (Cultura, Fnac, etc.).

 

Theo, @fitnessmith

 

FAQ

L’obésité est-elle vraiment génétique ?

La génétique prédispose à l’obésité dans 40 à 70 % des cas selon les études. Mais la génétique seule ne « verrouille » pas une personne dans l’obésité. Le contexte de vie, l’alimentation et l’environnement jouent un rôle déterminant. Les formes d’obésité purement monogéniques (un seul gène) ne représentent qu’environ 5 % des cas.

La perte de poids est-elle impossible pour certaines personnes ?

Pas au sens strict du terme « impossible ». Certaines personnes ont un contexte de vie (addiction alimentaire, souffrance psychologique, stress chronique) qui rend la perte de poids extrêmement difficile sans aide médicale. Les traitements GLP-1 et la chirurgie bariatrique sont des options pour ces profils. La volonté existe toujours, elle se déplace vers le choix du traitement.

Peut-on être en surpoids et en bonne santé ?

Aujourd’hui, les données scientifiques montrent que le surpoids et l’obésité augmentent les risques de pathologies métaboliques. Un léger embonpoint n’est pas forcément problématique, mais au-delà de certains seuils de tour de taille (environ 88-90 cm pour les hommes), les marqueurs de risque augmentent significativement. Le concept de « surpoids sain à long terme » n’est pas validé par la science actuelle.

Pourquoi la volonté ne suffit-elle pas toujours pour maigrir ?

Parce que la nourriture peut être la seule source de réconfort dans une vie difficile. Retirer cette béquille sans traiter la cause de la souffrance revient à enlever un anxiolytique à quelqu’un qui en dépend pour fonctionner. La volonté n’est pas absente. Elle est mobilisée ailleurs : survivre au quotidien, gérer le stress, compenser la douleur.

Que faire si on se sent « bloqué » dans son surpoids ?

Consulte un professionnel de santé pour évaluer ta situation. Les traitements actuels (GLP-1, chirurgie bariatrique) offrent des résultats significatifs. En parallèle, un accompagnement psychologique peut aider à traiter les causes profondes de la relation à la nourriture. Et surtout, ne laisse personne te réduire à une étiquette de « personne sans volonté ».

Ce que font ceux qui obtiennent des résultats
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Fitnessmith (Théo) est un spécialiste de la musculation naturelle et de la nutrition depuis 2004. Ayant souffert d'obésité modérée dans sa jeunesse, il s'est formé pour comprendre et lutter contre son surpoids. Grâce au sport, à la nutrition et à une hygiène de vie saine, il a réussi à transformer son corps et son mode de vie. Passionné par l’optimisation physique et la performance, il a expérimenté et comparé différentes méthodes d'entraînement, notamment la force, l'hypertrophie et l'endurance musculaire, afin d’en analyser les effets sur le corps et la progression athlétique. Conscient que la transformation physique va bien au-delà de l’entraînement et de l’alimentation, il s'est également documenté sur la santé mentale, les troubles du comportement alimentaire (TCA), la dysmorphophobie, l'image de soi et les mécanismes de la motivation au changement, afin d’aider ceux qui souhaitent améliorer leur relation avec leur corps et leur bien-être global. Aujourd’hui, il partage son expertise et son expérience à travers son site , ses , ses et ses réseaux sociaux, notamment et . Auteur du livre aux éditions Eyrolles, il écrit également pour le magazine et intervient dans de nombreux sur le web. Il propose sur son site adaptés à ceux qui souhaitent perdre de la graisse et prendre du muscle, basés sur des données scientifiques et son expérience personnelle. Vous pouvez également . Avertissement : les informations fournies sur Fitnessmith.fr sont destinées à un usage informatif et ne remplacent pas les conseils d’un professionnel de santé. Fitnessmith.fr ne garantit pas l’exactitude, la fiabilité ou l’exhaustivité des contenus, et leur utilisation se fait sous votre entière responsabilité.

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