Être fort ou être souple : une nouvelle hypothèse des chercheurs

La souplesse est grandement recommandée pour tous les sports dans les articles et les recommandations communes. La réalité montre que la souplesse n’est pas toujours un atout lorsqu’il faut exprimer le maximum de force lors d’un mouvement.

 

L’amplitude, la raideur et la force

Au niveau de la structure (muscles, tendons) un étirement va donner plus d’amplitude. Par exemple, le simple fait de s’étirer les pectoraux avant une série de développé couché nous permet de descendre plus bas que sans étirement.

Il ne faut pas oublier que l’amplitude maximale n’est pas synonyme de sécurité pour les mouvements de musculation. Plus les muscles et tendons s’étirent et plus le risque de blessure devient élevé. C’est pour cette raison que certains pratiquants de musculation se mettent une cale en mousse sur la poitrine pour éviter de trop descendre la barre aux divers développés pour les pectoraux.

S’entraîner en fonction de sa morphologie est très largement évoqué dans les livres de Delavier et Gundill. La raideur musculaire est parfois bonne pour donner de la force sur certains mouvements ou même maintenir une articulation stable (par exemple pour les épaules) .

 

Une nouvelle hypothèse liée au système nerveux

Il existe aujourd’hui une nouvelle hypothèse émise par les chercheurs qui semble cohérente et prometteuse, si elle s’avère juste cela confirme encore plus que les étirements avant l’entraînement de force ne sont pas très intelligents.

 

En voici les termes :

 

“Un étirement musculaire statique prolongé réduit de façon transitoire la force musculaire maximale et cette perte de force a une forte composante neurale.

Dans cette revue, nous discutons des preuves suggérant que l ‘étirement réduit la capacité du motoneurone à amplifier la pulsion excitatrice.

Nous proposons un modèle hypothétique dans lequel l’étirement provoque une relaxation physiologique, réduisant la commande neuro-modulatrice dérivée du tronc cérébral nécessaire pour maximiser les taux de décharge des motoneurones.”[1]

 

Cette relaxation induite par l’étirement pourrait limiter l’expression maximale de notre force, ce qui peut se traduire par une séance moins productive en termes de poids soulevés. Cela ne veut pas dire que des étirements à un autre moment ne soient pas bon, mais immédiatement avant l’exercice, il ne faudrait pas en abuser.

On sait que s’échauffer de manière explosive (exemple avec des swings, de la pliométrie ou en potentiation) active le système nerveux et permet de lever plus lourd et d’être plus rapidement connecté aux charges soulevées.

L’hypothèse évoquée par les chercheurs ne serait que l’équivalent, mais dans la relaxation.

Si cette hypothèse se révèle réelle, elle pourrait être intéressante pour les processus de récupération chez les athlètes tendus, afin de clamer leur système nerveux… Mais pas avant l’entraînement, plutôt lors de période de calme ou le corps à du mal à se relaxer.

 

 

Plus fort et plus massif

Être fort ou massif passe par la nutrition, la récupération et la surcharge progressive de vos muscles. Il faut avoir le bon laps de temps entre les efforts pour que la surcompensation puisse s’installer et donc vous transformer petit à petit en une version de vous-même plus forte et plus musclée. J’aborde très largement toutes les méthodes à mettre en place dans ce guide pour la masse, ce qui a permis à des personnes se jugeant faibles et trop minces d’obtenir un physique plus fort et plus viril. Ne perdez pas trop de temps, plus vous agissez tôt et plus votre muscle sera difficile à perdre avec les années.

 

Ref :

  1. Revues des Sciences de l’Exercice et du Sport: Avril 2021 – Volume 49 – Numéro 2 – p 126-132

    doi: 10.1249 / JES.0000000000000243

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