You are currently viewing Érythritol : le sucre zéro calorie cache-t-il un piège pour ta santé ?
L’érythritol fait rêver tous ceux qui veulent maigrir sans renoncer au goût sucré. Zéro calorie, aucun pic de glycémie, compatible avec le régime cétogène. Sur le papier, c’est le produit miracle. Mais derrière cette image parfaite se cache une réalité plus nuancée.
Le boom du cétogène et du low-carb a créé un nouveau marché : celui de personnes fragiles face au sucre, et ces produits ultra-sucrés “sans sucre” les maintiennent dans la dépendance au lieu de les en libérer, à mes yeux, ce n’est pas une bonne nouvelle.
Résumé rapide : L’érythritol est un polyol sans calorie qui n’élève pas la glycémie. Les études récentes montrent qu’il ne présente pas de danger aux doses alimentaires habituelles. Son défaut : il maintient l’appétence pour le sucré. C’est une béquille temporaire, pas une solution de fond.

L’érythritol est un polyol sans calorie qui n’élève pas la glycémie. Les études récentes montrent qu’il ne présente pas de danger avéré aux doses alimentaires habituelles. Son principal défaut : il maintient l’appétence pour le goût très sucré et ne permet pas un vrai sevrage. Il peut servir de béquille temporaire pendant quelques semaines, mais ne résout pas le problème de fond. Le vrai travail consiste à réhabituer ton palais aux goûts naturels des fruits et des aliments bruts.

 

Ce qu’est réellement l’érythritol (et ce qu’il n’est pas)

L’érythritol appartient à la famille des polyols, ces alcools de sucre qu’on retrouve naturellement en petites quantités dans certains fruits et aliments fermentés. L’industrie le fabrique par fermentation de sucre à grande échelle. En bouche, il délivre un goût sucré proche du saccharose, mais moins intense. Son comportement métabolique diffère totalement du sucre classique.

 

L’érythritol est devenu l’ingrédient phare de l’industrie « Healthy ». On le retrouve principalement dans trois catégories de produits :

  • Snacks « Keto » : Barres protéinées, chocolats sans sucre et cookies low-carb.
  • Glaces « Fit » : Les pots de crème glacée allégés (type Halo Top).
  • Pâtisserie industrielle : Mélanges pour pancakes, muffins et gâteaux « sans sucre ».
  • Boissons : Eaux aromatisées, sirops 0 calorie et certaines boissons énergisantes.
  • Édulcorants de table : Vendu pur ou mélangé (souvent sous le nom de « Stévia » alors qu’il contient 95% d’érythritol).
  • Confiseries : Chewing-gums et bonbons pour diabétiques.

S’il jouit d’une réputation parfaite dans le monde des régimes, c’est surtout grâce à ses zéro calories. Quand tu fais un régime, tu veux réduire l’apport calorique au maximum. Un produit sans calories semble donc automatiquement compatible avec tes objectifs. C’est le grand piège de tous ces produits light et zéro qui envahissent les rayons.

 

Pourquoi les adeptes du régime cétogène l’adorent

L’érythritol est absorbé au niveau de l’intestin grêle. Il ne suit pas le même cheminement que le sucre classique dans ton organisme. Il ne passe pas dans le sang de la même façon et ne provoque donc pas la montée d’insuline et de glycémie caractéristique du saccharose. C’est précisément pour cette raison que les pratiquants du low carb et du régime cétogène l’adoptent massivement.

Des études le confirment. Une recherche publiée par Bordier et al. en 2022 démontre que l’érythritol est absorbé de manière dose-dépendante, très peu transformé par l’organisme, et éliminé presque entièrement par les reins. Aucune accumulation toxique n’a été observée. Les auteurs soulignent que l’érythritol se distingue clairement des autres polyols par sa tolérance digestive et métabolique élevée.

Attention toutefois. Une bonne partie des études sur le sujet proviennent de chercheurs liés à l’industrie qui commercialise ces produits. Il faut toujours rester vigilant quand il s’agit de produits transformés. Et oui, l’érythritol reste un produit transformé, ne te cache pas derrière ton petit doigt.

 

La façon paresseuse de faire un régime low carb

En diète cétogène, l’érythritol vient remplacer le sucre et évite d’ajouter des glucides supplémentaires. Il colle parfaitement à l’objectif de rester sous les 50 grammes de glucides par jour. Mais c’est une approche fainéante du régime cétogène ou low carb. Tu veux les avantages d’une alimentation pauvre en glucides sans fournir l’effort du sevrage réel.

C’est comme si quelqu’un voulait arrêter de fumer tout en continuant à tirer sur une tige en papier qui a l’odeur, le goût et la texture des vraies cigarettes. Ça n’existe pas. Et c’est problématique.

Méfie-toi aussi des produits estampillés « kéto » ou « cétogène » dans le commerce. Beaucoup contiennent un mélange de polyol, fibres et amidon modifié. Ce n’est plus de l’érythritol pur. C’est l’ensemble de la recette qui pose problème. Tu peux très bien suivre un régime cétogène tout en consommant des aliments ultratransformés. Ce qui n’est pas bon pour ta santé. Les études valident maintenant ce constat. Ce n’est plus une croyance, c’est une connaissance établie : les produits ultratransformés nuisent à la santé humaine.

 

Les vrais bénéfices documentés par la science

Il existe un point positif documenté. Une étude suggère qu’au repas suivant une consommation d’érythritol, tu ingérerais moins de calories. Comme si cela influençait les réponses hormonales digestives, notamment le GLP-1.

Une étude clinique contrôlée publiée par Teysseire et al. en 2023 va plus loin. Dans cet essai randomisé en double aveugle, l’administration de 50 g d’érythritol chez des adultes en bonne santé n’a montré aucun effet négatif sur la glycémie, l’insuline, les lipides sanguins, l’inflammation ou l’acide urique. L’érythritol a même réduit la ghréline, l’hormone de la faim, suggérant un effet potentiel sur la satiété. C’est une étude interventionnelle humaine avec un très bon niveau de preuve, sans signal de toxicité.

 

Voici mon point de vue sur l’érythritol en vidéo

Faire un « Hard Reset » de ton palais pour oublier le sucre : https://www.fitnessmith.fr/hard-reset-nutrition-le-gout/

Sortir de la dépendance au goût sucré et transformer ton métabolisme : https://www.fitnessmith.fr/comment-manger-sucre-sans-edulcorants-ni-sucres-nocifs/

 

Les effets secondaires que personne ne veut voir

Certaines personnes développent des problèmes digestifs. Moins qu’avec d’autres polyols, certes. Mais à doses élevées, ballonnements, crampes et inconforts digestifs peuvent survenir.

Plus sérieusement, une étude publiée dans Nature Medicine par Witkowski et al. en 2023 a observé une association statistique entre des taux sanguins élevés d’érythritol et des événements cardiovasculaires. Cette étude a fait beaucoup de bruit médiatique.

Mais il faut nuancer. Mazi et Stanhope (2023) ont examiné cette étude de façon critique. Ils montrent que les personnes ayant des taux élevés d’érythritol endogène, produit naturellement par l’organisme dans certaines maladies métaboliques rares, ne présentent pas d’augmentation du risque thrombotique. Ce qui contredit l’hypothèse causale. L’érythritol serait davantage un marqueur biologique d’un métabolisme déjà altéré qu’un facteur causal.

Une revue systématique indépendante publiée par Burgoon et Von Hendy en 2025 enfonce le clou. Elle conclut qu’il n’existe aucune preuve scientifique fiable montrant que la consommation alimentaire d’érythritol cause des effets néfastes chez l’humain aux doses habituelles. Les associations observées entre érythritol sanguin et événements cardiovasculaires sont très probablement dues à une dysrégulation métabolique préexistante comme une glycémie élevée ou l’obésité, et non à l’ingestion d’érythritol elle-même. L’étude peut être biaisée parce qu’elle est financée par une organisation dont le budget provient parfois de l’industrie agroalimentaire, ce qui peut influencer le choix des hypothèses étudiées et l’interprétation des résultats, même sans intervention directe sur les données.

Comment l’utiliser intelligemment pour un sevrage progressif

Quand on me pose la question, je recommande de s’en servir comme outil de sevrage. Sur quelques jours, peut-être quelques semaines. Pas plus. Et surtout pas à dose équivalente de ton ancienne consommation de sucre.

Prenons un exemple concret. Tu as l’habitude de petits déjeuners sucrés, de conclure tous tes repas par une note sucrée et de faire des collations sucrées. L’idéal serait de retirer l’intégralité du sucre et de remplacer une partie seulement par un peu d’érythritol. Juste à une des deux collations et au repas du midi. Pas le soir. Pas au petit déjeuner. De manière à ce que ta charge de gout sucrée diminue sur 24 heures.

La deuxième semaine, tu réduis encore de moitié sur la journée. L’objectif final : un apport en gout sucré uniquement en provenance de fruits ( et pas des jus ) qui apportent un goût très sucré quand tu ne consommes plus du tout d’aliments ultratransformés enrichis en sucre.

 

À voir aussi : 5 petits déjeuners pour maigrir au goût sucré, pauvre en glucides et sans édulcorants

 

La vérité sur l’addiction au sucre

Soyons clairs. L’érythritol ne règle pas une addiction au sucre.

Le terme « addiction au sucre » fait débat, oui. Et ce n’est pas un hasard. Si on parlait officiellement d’addiction, beaucoup de produits ne pourraient plus être vendus comme aujourd’hui. Alors on discute, on nuance, on joue sur les mots.

Mais au fond, on s’en fiche du débat sémantique.

On n’a pas besoin d’études pour voir ce qui se passe dans la vraie vie.
Quand on observe les gens, on voit bien que certains ne peuvent pas se passer du goût sucré.
Quand il disparaît, ils deviennent irritables.
Ils y pensent.
Ils en ont envie.

On peut appeler ça comme on veut, mais le comportement est là. Ce n’est peut-être pas une addiction au sens psychiatrique strict.
Mais c’est clairement une dépendance comportementale.

Il suffit d’observer. Quand quelqu’un n’a plus de sucre ou de goût sucré chez lui, il ne se sent pas bien.
Il compense par petites touches. Ou alors il craque une fois, mais en grosse quantité.

Et le simple fait qu’on ait autant de mal à s’en passer en dit long sur le pouvoir addictif du goût sucré, peu importe l’étiquette qu’on lui colle.

Pourquoi les sodas zéro ne résolvent rien

Aujourd’hui, les sodas dits “zéro” ne contiennent pas d’érythritol, mais de l’aspartame, du sucralose ou d’autres édulcorants.

L’érythritol peut aider comme produit de sevrage. Mais il ne va pas t’aider à te sevrer par lui-même. Parce que le sevrage concerne le goût sucré, pas uniquement les conséquences métaboliques du sucre.

Les gens confondent deux choses distinctes. D’un côté, les conséquences métaboliques de l’assimilation de sucre : hausse de la glycémie, sécrétion d’insuline, inflammation. De l’autre, l’addiction qui se situe au niveau du cerveau : circuit de la récompense, dopamine.

L’érythritol n’a pas les mêmes réactions métaboliques que le sucre. Mais il pourrait avoir les mêmes effets sur le circuit de la récompense et la dopamine. Fais le test. Si tu es habitué à boire des sodas sucrés et que du jour au lendemain tu passes aux sodas zéro, tu verras que tu n’as pas corrigé l’envie de boire un soda. Tu as corrigé l’apport calorique. Tu as corrigé l’apport en sucre. Mais tu n’as pas corrigé le goût sucré, la permanence quotidienne d’un shoot de goût sucré.

C’est là que réside le vrai problème. Toutes ces alternatives ne sont que des méthodes pour repousser l’échéance du sevrage réel.

 

Le seul sevrage qui fonctionne vraiment

Le sevrage réel consiste à te réhabituer au vrai goût du sucre. Celui des fruits. Celui de certaines épices comme la cannelle. Celui des produits entiers, bruts, sains.

Avec le temps, tu arriveras progressivement à apprécier de plus en plus une petite salade de fruits. Ce matin (au moment ou j’écris ces lignes ), j’ai consommé avec mes œufs au plat un bol de myrtilles avec une banane tranchée. J’ai trouvé ce petit déjeuner très sucré.

Pourtant, si j’avais proposé ce petit déjeuner à quelqu’un habitué aux céréales et au pain blanc avec de la confiture, il l’aurait trouvé pas assez sucré. Voire acide, parce que l’acidité des myrtilles l’aurait dérangé.

Plus tu reviens à une alimentation saine et brute, plus tu es capable de percevoir les goûts différents des aliments. Et donc de les apprécier à leur juste valeur.

 

Mon verdict sur l’érythritol

Si tu as besoin ou envie de te sevrer du sucre, les études montrent que tu ne risques pas lourdement ta santé avec une dose modeste et ponctuelle d’érythritol. Par contre, si c’est quelque chose de récurrent, tous les jours, régulièrement, et que tu penses pouvoir te sevrer du sucre et du circuit de la récompense lié à la dopamine de cette façon, tu fais fausse route. Mieux vaut travailler autrement.

J’ai d’ailleurs préparé un guide complet pour sortir de l’addiction aux goûts sucrés grâce à des astuces simples et applicables immédiatement. Découvre comment éliminer définitivement ta dépendance au sucre sans frustration. ( et j’ai un conflit d’intérêt car je propose des solutions naturelles et saines pour garder la ligne et la forme, c’est mon travail).

Théo @fitnessmith

Questions fréquentes sur l’érythritol

L’érythritol est-il dangereux pour le cœur ?

Les études récentes (2025) montrent que l’association entre érythritol sanguin et risque cardiovasculaire est probablement due à un métabolisme déjà perturbé, pas à la consommation d’érythritol elle-même.

Peut-on utiliser l’érythritol pour maigrir ?

L’érythritol n’apporte pas de calories et ne provoque pas de pic de glycémie. Il peut s’intégrer dans un régime, mais attention à l’addiction comportementale au goût sucré.

L’érythritol convient-il au régime cétogène ?

Oui, il est compatible car il ne contient pas de glucides assimilables. C’est l’option la plus sûre pour la cétose parmi les polyols.

Ce que font ceux qui obtiennent des résultats
Fitnessmith avatar auteur

Fitnessmith (Théo) est un spécialiste de la musculation naturelle et de la nutrition depuis 2004. Ayant souffert d'obésité modérée dans sa jeunesse, il s'est formé pour comprendre et lutter contre son surpoids. Grâce au sport, à la nutrition et à une hygiène de vie saine, il a réussi à transformer son corps et son mode de vie. Passionné par l’optimisation physique et la performance, il a expérimenté et comparé différentes méthodes d'entraînement, notamment la force, l'hypertrophie et l'endurance musculaire, afin d’en analyser les effets sur le corps et la progression athlétique. Conscient que la transformation physique va bien au-delà de l’entraînement et de l’alimentation, il s'est également documenté sur la santé mentale, les troubles du comportement alimentaire (TCA), la dysmorphophobie, l'image de soi et les mécanismes de la motivation au changement, afin d’aider ceux qui souhaitent améliorer leur relation avec leur corps et leur bien-être global. Aujourd’hui, il partage son expertise et son expérience à travers son site , ses , ses et ses réseaux sociaux, notamment et . Auteur du livre aux éditions Eyrolles, il écrit également pour le magazine et intervient dans de nombreux sur le web. Il propose sur son site adaptés à ceux qui souhaitent perdre de la graisse et prendre du muscle, basés sur des données scientifiques et son expérience personnelle. Vous pouvez également . Avertissement : les informations fournies sur Fitnessmith.fr sont destinées à un usage informatif et ne remplacent pas les conseils d’un professionnel de santé. Fitnessmith.fr ne garantit pas l’exactitude, la fiabilité ou l’exhaustivité des contenus, et leur utilisation se fait sous votre entière responsabilité.

Laisser un commentaire